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La notion du temps chez l’enfant : respecter son rythme pour mieux accompagner

  • Photo du rédacteur: Virginie Marquès - Vit'harmonie
    Virginie Marquès - Vit'harmonie
  • 2 mai
  • 4 min de lecture

La parentalité est une aventure remplie de découvertes, d'apprentissages, et de remises en question. Parmi les nombreux aspects à comprendre pour accompagner au mieux un enfant dans son développement, il y a la perception du temps. Contrairement aux adultes, pour qui le temps est structuré en heures, minutes et secondes, l’enfant vit dans l’instant présent. Cette différence peut parfois entraîner des malentendus, voire des tensions, notamment lorsqu'il faut passer d'une activité agréable à une autre obligation. Comprendre cette notion du temps chez l'enfant est essentiel pour l'accompagner avec bienveillance et efficacité.


Fillette devant un décor évoquant le temps.

L’enfant et la perception du temps

Avant l'âge de 6 à 7 ans, l'enfant ne perçoit pas le temps comme un adulte. Sa compréhension du passé, du présent et du futur est floue. Pour lui, seul l’instant présent existe réellement. Lorsqu’il est plongé dans un jeu, une activité ou une exploration, il est totalement absorbé par ce qu’il vit ici et maintenant. Lui demander brusquement de tout arrêter pour partir ailleurs peut générer de la frustration, de la colère, ou encore de la tristesse. Non pas par opposition systématique, mais simplement parce que son cerveau n'est pas encore capable d'anticiper ou de se projeter.


L'importance de prévenir l’enfant suffisamment à l'avance

Pour éviter les conflits et respecter ce fonctionnement naturel, il est essentiel de prévenir l’enfant à l’avance lorsqu’un changement d’activité est prévu, surtout lorsqu’il est absorbé dans une occupation plaisante. Idéalement, on conseille de l'informer au moins un quart d’heure avant le moment du départ :


  • « Dans quinze minutes, nous devrons partir. »

  • « Encore un petit moment de jeu, puis il sera temps de mettre tes chaussures. »


Cela permet à l'enfant de préparer son esprit à la transition, d'anticiper la séparation avec son activité, et de finir son jeu de manière plus sereine. Pour les plus jeunes, on peut utiliser un minuteur visuel, un sablier ou même instaurer un petit rituel : « Quand la cloche sonnera, il sera temps de se préparer ». Répéter doucement l'information plusieurs fois, à intervalles réguliers, permet aussi d'ancrer la notion sans brusquer.


Adapter la manière de prévenir en fonction de l’âge

Selon l’âge de l’enfant, le temps d’anticipation doit être modulé :


  • Pour les tout-petits (2-4 ans), il peut être judicieux de prévenir 10 minutes avant, puis 5 minutes avant, avec des phrases simples et des gestes doux.

  • Pour les plus grands (5-8 ans), expliquer le déroulé de la suite : « D’abord on finit de jouer, ensuite on met les chaussures, et après on ira chez papi et mamie » aide à créer des repères dans le temps.


L’important est d’éviter les coupures brusques et de laisser à l’enfant l’espace nécessaire pour se détacher émotionnellement de son activité actuelle.


Après l’école : reconnecter le corps et l’esprit

Autre moment clé de la journée : la sortie d’école. Après environ huit heures d’attention soutenue, de consignes, d'immobilité et de concentration, l'enfant a besoin d’une vraie décompression. Beaucoup de parents, pris par le rythme effréné de la journée, oublient à quel point cette étape est fondamentale.

L'école, bien qu'essentielle, impose des contraintes physiques et psychiques importantes : rester assis longtemps, suivre des règles strictes, solliciter sa mémoire et sa concentration en continu. À la sortie, l’enfant n'est pas immédiatement disponible pour écouter de nouvelles consignes, raconter sa journée ou passer sans transition à une autre activité dirigée.


Pourquoi proposer un temps de détente après l’école ?

Accorder à son enfant un temps de libération physique et émotionnelle est essentiel. Cela peut passer par :


  • Courir, sauter, grimper, rouler : le mouvement permet d’évacuer les tensions accumulées.

  • Échanger, rire, se câliner : un moment d’échange libre et chaleureux pour reconnecter affectivement.

  • Ne rien faire : pour certains enfants, rester quelques minutes dans le calme sans obligation peut aussi être réparateur.


En permettant à l’enfant de décharger son trop-plein d’énergie avant de reprendre un cadre plus organisé (retour à la maison, devoirs, activités extra-scolaires), on favorise un climat plus serein, plus coopératif, et plus respectueux de ses besoins fondamentaux.


Un moment clé pour nourrir la relation parent-enfant

Profiter de ce moment de détente pour se reconnecter émotionnellement est aussi un formidable levier pour nourrir la relation parent-enfant. Il ne s'agit pas nécessairement de poser mille questions sur la journée (« Qu’as-tu fait à l'école ? ») mais plutôt de se mettre à l’écoute de son humeur, de son besoin du moment, sans pression ni attente.

Un petit jeu sur le chemin du retour, un concours de sauts sur les trottoirs, une course improvisée ou même un moment de silence côte à côte peuvent suffire à recréer ce lien invisible et si précieux.


En résumé : respecter le rythme intérieur de l’enfant

Accompagner un enfant dans le respect de sa perception du temps, c’est lui offrir un espace de sécurité intérieure, lui permettre de grandir sereinement, et renforcer la qualité de la relation parent-enfant. Quelques clés à retenir :


  • Prévenir à l’avance avant tout changement d’activité, surtout si l’enfant est absorbé dans son jeu.

  • Adapter la communication selon son âge pour l'aider à se projeter.

  • Offrir un vrai moment de détente physique et émotionnelle après la journée d'école.

  • Valoriser le temps présent partagé, sans se précipiter vers la prochaine étape.


Par petites touches quotidiennes, ces gestes simples peuvent transformer la dynamique familiale et rendre la vie ensemble plus douce, plus fluide, et surtout, plus respectueuse des besoins de chacun.

 
 
 

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